28 août 2008
Rencontres
Les Royaumes oubliés, quelque part en Féerûne de l’année
1372 du Calendrier des Vaux (CV). L’année était déjà bien avancée quand la
jeune mais téméraire Slyve se présenta aux portes de la forteresse. Eléasis
déclinait et la Flétrissure, nom usuel donné à Eleinte, neuvième mois de
l’année selon Harptos, ne tarderait pas à s’étendre sur les Rocterres.
Château-Roc n’avait pas pour habitude de
laisser entrer n’importe quel manant ou mendiant de passage. Aussi, c’est avec
un questionnement rigoureux et une discipline de fer que les deux gardes de
l’entrée, armés de hallebardes, reçurent la nouvelle venue. L’un d’eux, celui
qui était le plus près de la herse baissée, commença l’interrogatoire :
—Veuillez
décliner votre identité, votre profession et la raison précise de votre venue.
—Ne
me faites pas perdre mon temps, lança la jeune femme entre ses dents.
—Répondez
à ces questions, c’est la règle ici, enchaîna le second garde, resté en
retrait.
Une ombre vacillante, alarmée par le
haussement de voix des hommes de l’entrée, chercha une cachette d’où elle
pourrait observer tranquillement l’évolution de la scène. Personne ne se rendit
compte de sa présence ; trop occupé à poursuivre, pour les uns, ou écouter,
pour les autres, cette discussion qui devenait de plus en plus animée.
—Laissez-moi
entrer, par la hache du Seigneur des batailles ! fit-elle alors que son
cheval piaffait. Ne voyez-vous pas, à ma tenue, que je galope depuis des
jours ?
Il est vrai que ses vêtements n’étaient
pas dignes d’une demoiselle : ses cheveux auburn, en bataille, lui
descendaient jusqu’aux épaules. Sa chemise de mailles, bien visible, recouvrait
une tunique rouge vif aux rebords verts. Bien qu’elle était loin d’être
dépourvue de charme, ses traits étaient durs et une ancienne cicatrice zébrait
sa joue. Une épée et une dague pendaient à ses flancs, présageant que la dame
savait se battre malgré son manque de corpulence.
—Les
ordres sont les ordres, répondit du tac au tac l’un des hommes d’armes. Si vous
n’avez rien d’urgent à faire ici, je vous prierais de rebrousser chemin.
—Quoi ?
Vous n’êtes pas sérieux ? Le visage de Slyve se rembrunit, laissant penser
qu’elle était plutôt d’humeur massacrante. Ecoutez, je suis prête à me battre,
s’il le faut, pour avoir mon petit coin de feu et un lit bien chaud. Ça fait
quatre jours que je parcoure plaines et forêts depuis que cet intrigant… Mais
mes problèmes ne vous regardent pas. De toute façon, je vois bien que vous n’en
avez rien à faire de ce que j’ai pu endurer pour parvenir jusqu’ici.
—Ce
ne sera pas la peine de se battre ma dame. Coopérez et il sera décidé si vous
avez votre place dans cette forteresse.
La silhouette, toujours aussi furtive,
tenta une approche diplomatique. Sortant de son coin d’ombre, un homme d’âge
mûr au regard plutôt sévère mais à l’allure fort sympathique, salua les gardes
et s’inclina devant la jeune femme. Les couleurs de ses vêtements rappelaient
celles de la forêt : le vert feuille et le marron de l’écorce. Une veste
de cuir noire aux multiples replis et autres poches lui couvrait les épaules.
D’une manière décontractée, il salua les gardes, interloqués, et s’avança plus
qu’il ne faut vers la grille. Avant de s’adresser aux gardes de la porte, il
émit un petit sifflement qui eu pour effet de faire venir vers lui un énorme
molosse marron et fauve qui se plaça à ses pieds, s’assit et ne bougea plus.
—Par
la flèche brisée du Chasseur nocturne ! Vous n’avez tout de même pas
l’intention de laisser cette pauvre demoiselle derrière cette grille lourde et
froide ?
—Je…
C’est le règlement, glapit le premier garde.
—Vous
avez vous aussi connu le même traitement lors de votre première venue. Je n’ai
pas besoin, je crois, de vous le rappeler messire, renchérit le deuxième.
—Toujours
le même refrain. Ne pourriez-vous pas changer un petit peu vos habitudes pour
une fois ?
Le garde et le mystérieux homme
semblaient se défier du regard.
—Laissez,
je m’en occupe, retournez à vos postes.
Les
gardes s’écartèrent du passage à l’arrivée d’un homme en armure qui enleva son
casque. A son allure et à sa démarche, ce devait être un officier.
—Je
vois que les lois vous rebutent toujours autant mon cher. Pourtant, elles sont
ce qu’elles sont.
—C’est
bien ce qui me chagrine, répondit son interlocuteur.
—Alors,
qu’avons-nous là ?
L’officier regarda machinalement en
direction de Slyve, exténuée par ce
discours de sourd qui n’en finissait pas, avant de continuer :
—Vous
devez avoir un nom, charmante créature.
Les derniers mots furent prononcés
davantage sur le ton de la plaisanterie que de la part d’un homme à femmes.
Slyve, quant à elle, n’ayant qu’une idée en tête, celle d’étancher et sa faim
et sa soif, puis de rattraper ses nuits de sommeil, se présenta, abandonnant en
même temps l’attitude combative qui lui allait si bien.
—Voilà
qui est bien. Permettez que je demande pardon pour la brutalité avec laquelle
mes hommes vous on reçue et que je me présente à mon tour. Mon nom est Aran et
je suis l’un des caporaux de la garde. Il est juste que nous n’acceptons pas
n’importe qui en nos murs mais je crains qu’on ne vous ait pas expliqué
pourquoi.
—Non,
certes pas. Tout ce que je sais, c’est que Château-Roc est à la recherche
d’aventuriers pour je ne sais qu’elle raison. Et comme il se trouve que j’en
suis une. Plutôt par obligation songea-t-elle…
—Cela
change tout Slyve. Notre forteresse est davantage un détachement des Dragons
Pourpres, l’unité militaire du Cormyr. On est surtout basé ici comme
avant-poste et pour contrôler la population sans cesse grandissante des races
gobelinoïdes. Sans nous, les royaumes alentours auraient toutes les peines du
monde à les faire rester dans leurs chères montagnes. Donc, si vous voulez y
mettre du votre dans cette régulation, je n’ai rien contre.
Il fit signe aux gardes de remonter la
herse, ce qu’ils firent immédiatement. La jeune femme pénétra dans l’enceinte,
un écuyer lui prenant le cheval pour l’amener à l’écurie toute proche. Pendant
les quelques minutes que dura la marche, le curieux homme se présenta puis fit
un brin de cosette à Slyve, l’accompagnant à la taverne. Il se nommait Héno
Buis, était originaire de la légendaire Everaska, la cité des elfes, et faisait
depuis quelques mois des missions de reconnaissance pour le compte du
gouverneur.
Arrivés au Faucon doré, la porte
s’ouvrit bruyamment sur un homme en armure lourde expulsé violemment par un
demi-orque ventripotent, qui referma la porte aussitôt, comme si rien ne
s’était passé. A en croire ses oreilles fines et pointues, ce ne pouvait être
qu’un elfe. Il se releva, épousseta son tabard bleu ciel à l’image d’un
croissant brumeux au dessus d’une lune pleine puis, embarrassé, se tourna vers
les spectateurs et leur souhaita la bienvenue à Château-Roc.
—
Que tu est-il arrivé mon ami, s’empressa de demander Héno.
—Je
veux bien vous raconter ma mésaventure, mais laissez-moi tout d’abord me
présenter. Aust Galanodel pour vous servir. Je suis prêtre de Sehanine Lunarc,
déesse lunaire des elfes.
—Enchanté,
dirent en chœur les deux comparses nouvellement unis.
—J’étais
venu pour faire bénéficier un malade de mes dons de guérison, continua le
prêtre, mais la plante que je me suis procurée chez ce maudit apothicaire
n’était pas la bonne. Confiant, je n’ai pas pensé à vérifier si c’était bien de
la lothlovein. Le résultat fut catastrophique ! Le malade fut pris de
nausées et son corps se couvrit de taches marron sombre. La suite vous l’avez
sous les yeux : on m’a chassé de l’auberge en me faisant bien comprendre
de ne plus jamais soigner une personne du fort avec des plantes.
Héno et Slyve ne dirent rien mais
échangèrent quelques regards, en essayant tant bien que mal de ne pas pouffer
de rire en imaginant la tête du pauvre homme.
Il devait maintenant être aux
alentours de onze heures, voire midi, car les membres du nouveau groupe ainsi
constitué commençaient à avoir faim. Comme Aust était interdit d’accès, les
deux autres lui dirent de l’attendre dehors, qu’ils lui ramèneraient quelque
chose à se mettre sous la dent.
A cette heure-ci, la taverne n’était
pas très fréquentée, bizarre comme ce devait être l’heure du repas. Trois ou
quatre convives seulement étaient attablés. A en croire leur dégaine, ils
devaient déjà être bien imbibés. L’aubergiste reconnut tout de suite son vieil
ami Héno et lui servit sans qu’on ne le lui demande, une tisane de buis. Slyve,
quant à elle, commanda une bonne chopine de bière de Suz. Ils louèrent ensuite
une chambre pour la semaine et apportèrent quelques restes de nourriture au
prêtre qui était condamné à rester dehors.
De retour à l’entrée de
l’établissement, Aust fait part de sa découverte à ses deux camarades : un
panneau d’affichage où étaient écrites toutes les nouveautés. Par exemple, le
forgeron était à la recherche d’un apprenti – toute race confondue, seule la
motivation jugera de votre valeur – était-il écrit. Le rôdeur est davantage
intéressé par l’invasion orque qui sévit en ce moment (pour lui, aucune
créature n’est aussi haït que celle-ci, sinon les drows, ou elfes noirs). Le
prêtre, comme on s’en serait douté, préférait se faire un peu d’or en revendant
des plantes medécinales à la chapelle de Tymora, déesse de la chance et de ceux qui partent en aventure.
Nos trois amis décident donc de se mettre d’accord sur ce qu’il faut faire et
choisissent de mener l’enquête afin de retrouver une dague en argent gravée aux
initiales DG, qui a été volée.
La première idée qu’eurent nos héros fut de quérir des
renseignements concernant le propriétaire de la dague. Quoi de mieux que la
place du marché ? Cela tombait bien car c’était jour de foire ce jour-là.
Pendant que Héno exploitait ses dons artistiques en jonglant avec plusieurs
balles colorées, le prêtre et la guerrière s’évertuaient à se renseigner auprès
des gens qui s’amassaient autour de leur ami. Le spectacle fini, la foule
retourna vaquer à ses occupations tandis que le groupe partageait sa récolte.
Tout ce qu’ils en retirèrent fut que le mieux était de se rendre à la tour du
bailli pour y consulter les registres.
Ils quittèrent la place de la
fontaine et se dirigèrent vers la tour que leur avaient indiquée les braves
gens. A peine eurent-ils pénétré à l’intérieur qu’un serviteur les intercepta
et leur demanda ce qu’ils voulaient. Après qu’ils se soient expliqués, il leur
fit signe de l’attendre dans le petit salon. L’attente semble durer une
éternité. Cependant, au bout d’une bonne dizaine de minutes, le serviteur
revient, accompagné d’une jeune femme habillée dans une toge blanche et
bordeau, tenant en main une plume, une pile de parchemins et un petit encrier.
—Je
vous prie d’excuser mon retard mais j’étais occupée à rédiger les documents
formels pour le prêtre nouvellement arrivé en ville. C’est que, voyez-vous, je
n’ai que deux mains et ne peux écrire que d’une seule à la fois. Plongée dans
ses pensées, elle poursuit son récit. Un drôle de bonhomme que celui-là. Mais
il est si agréable de parler avec lui.
Voyant l’impatience des héros elle
s’empresse d’ajouter : « Oh ! Veuillez pardonner ma rêverie.
C’est que la nuit dernière mon sommeil a été plutôt court. Commençons par les présentations :
je suis Malia Moncombre, scribe attitré au gouverneur. Quel est le motif de
votre venue ?
Après les avoir écouté se présenter
et dire ce qu’ils attendaient d’elle, elle reprit :
—Je
vois. Suivez-moi, je vais vous mener à la salle des registres ; là-bas
vous y trouverez tout ce que vous voulez savoir. Mais soyons clair, vous devez
laisser vos armes à l’entrée ; vous les récupérerez au retour.
A peine arrivée à la salle des
registres, Malia compulsa un volumineux livre :
—Ceci
est le récapitulatif de toutes les entrées et les sorties de cette année,
dit-elle. Voyons voir, DG… Voilà, Dorm Grant ; cette dague que vous
recherchez lui appartient. Il s’agit d’un marchand de Sembie de passage dans la
région. Vous le trouverez à la Chambre des corporations, c’est la guilde des
marchands locale. Pour ma part, il ne me reste plus qu’à vous raccompagner à
l’entrée et à vous souhaiter bonne chance dans vos recherches.
Remerciant le scribe, le petit
groupe se dirige tout droit vers la Chambre des corporations. Malheureusement,
ils n’ont pas de chance car Dorm Grant s’est absenté. Aust se souvient alors
qu’il a oublié son livre de prière dans sa chambre et qu’il ne sait pas du tout
comment il va s’y prendre pour le récupérer ; ses deux compères proposent
de l’y aider.
Rebroussant chemin, ils retournent à
l’auberge du Faucon doré, où la guerrière et le rôdeur laissent à nouveau le
prêtre à la porte de l’établissement, lui assurant qu’ils reviendront avec ses
affaires. Pendant que Héno se dirigeait à l’étage en vue de crocheter la
serrure de la chambre, Slyve en profita pour user de son charme sur
l’aubergiste et ainsi faciliter la tâche de son ami.
C’est alors qu’un homme plutôt
mince, au nez proéminant et habillé de gris et de noir commença à pousser la
jérémiade. Jurons, cris et insultes pleuvent à l’égard de la guerrière,
laquelle n’en demandait pas tant pour entamer le combat. Les quelques convives
qui s’étaient amassés à cette heure déguerpirent dans un coin tandis que Héno
encocha immédiatement une flèche à son puissant arc de force. La violence du
choc était pourtant suffisante pour terrasser n’importe quel homme normal, mais
l’homme ne hurla pas de douleur à cause de la flèche mais il hurla pour les
étincelles de foudre qui crépitaient encore après l’impact. Fou de rage qu’on
lui tienne tête, l’homme se métamorphosa en une créature hybride, mi-homme,
mi-rat. Un rat-garou !
Les assauts s’enchaînèrent à une
cadence folle. La créature répliqua en griffant et mordant la guerrière mais
sans succès. Quant à cette dernière, elle lui asséna un coup d’épée digne d’un
maître escrimeur d’Ombreterre. Cela ne suffit cependant pas à mettre la bête à
terre, qui tenta une manœuvre désespérée pour s’enfuir mais reçu deux traits
pour son échec, un à l’épaule et un autre qui se planta dans sa cuisse. Autre
attaque de la part de Slyve qui rate le rat-garou, lequel esquive le coup avec
agilité, se dégage de l’étreinte de Héno et prend la fuite en direction de la
porte.
Le prêtre, commençant à perdre
patience, décida d’aller voir quel était ce raffut. Dés qu’il ouvrit la porte,
il tomba nez à nez avec la bête et son seul geste fut de répondre à son assaut
en l’assommant pour de bon de sa masse d’armes lourde.
Sur le cadavre encore fumant, le
groupe découvre une petite dague ouvragée, apparemment en argent, dont les
initiales DG sont gravées su la lame ; celle de Dorm Grant évidemment.
Puis, un petit morceau de papier ne comportant que trois chiffres : 4 2 6.
Au dessus de ces chiffres, des flèches : le 4 et le 6 indiquent la droite
alors que le 2 indique la gauche.
Le groupe se précipite ensuite vers
la Chambre des corporations dans l’espoir que le marchand sera de retour.
Effectivement, c’est le cas. Dorm accueille les aventuriers comme il se doit et
entame la discussion concernant la récompense. Marchander est dur avec lui,
mais tous parviennent à un compromis (en faveur du groupe) : 2000 pièces
d’or, des renseignements sur le forgeron légendaire recherché par Héno et qui
porte pratiquement le même nom que lui, Héno Amanesten, puis quelques plantes
rares pour herboristes et apothicaires. Le marchand paye la somme monétaire
mais demande une semaine pour mener à bien la seconde part du contrat ; le
groupe accepte mais garde la dague comme monnaie d’échange.
Se sentant l’âme héroïque et voulant
demander compensation pour avoir terrassé un lycanthrope, ils poursuivent leur
aventure en retournant à la tour du bailli pour y rencontrer le gouverneur.
Malheureusement, ce dernier est indisponible et ils doivent se contenter du scribe,
qui s’est prise d’amitié pour eux. De retour à la salle des registres, les
questions fusent :
—Si
j’ai bien compris, dit Malia, tout en fouillant dans les papiers et parchemins
éparpillés sur la table, ce que vous voulez, c’est savoir qui est cet homme, s’il
habite ici, et où. C’est bien cela ?
Devant l’acquiescement des
aventuriers, elle poursuit :
—Pouvez-vous
me le décrire avec le plus de détails possibles ?
Marquant une pause à l’évocation du
portrait de la forme humaine du rat-garou, comme si elle avait trouvé de qui il
s’agissait, elle tend un bout de parchemin au prêtre.
—Je
crois que ce document fera votre bonheur. Comme vous pouvez le voir, le nom de
l’homme que vous recherchez est Rental Yûl. Il loge, lui et sa femme, dans l’un
des appartements pour résidants temporaires situés en face de la Chambre des
corporations.
Elle attend qu’ils aient noté les
renseignements avant de continuer :
—J’espère
que ces renseignements vous seront utiles et que vous en tirerez profit. Je
vous reprends cela et vous dis à la prochaine fois. Je crois que vous
connaissez déjà le chemin de la sortie.
A nouveau à l’air libre, le groupe
n’a qu’une idée en tête : se rendre à l’ancienne demeure de Rental. Et si
sa copine aussi était un rat-garou !
Après avoir pendant un bon moment
visité pratiquement tous les appartements pour résidents temporaires, ils
finirent par aboutir dans un petit hall apparemment vide de toute présence. Des
cris étouffés parviennent du haut de l’escalier montant au premier étage. A
hauteur des dernières marches, c’est la vue perçante du rôdeur qui discerne
dans la pénombre de la chambre à coucher une petite silhouette recroquevillée
sur elle-même au bord du lit. La première action du prêtre est d’aller ouvrir
les volets pour que la lumière du zénith puisse parvenir à l’intérieur. En un
instant, de la silhouette auparavant indistincte on distinguait parfaitement
une jeune femme d’une trentaine d’années, peut-être moins. Elle est attachée,
bâillonnée et en triste posture. Personne dans le petit groupe n’aurait pensé
autre chose qu’à la détacher au plus vite, ce qu’ils firent.
Il s’agissait bien de Mélissandre, la petite amie de Rental, le rat-garou. Elle leur raconta comment, ayant appris son méfait, elle l’avait contraint de réparer ses torts sous peine qu’elle le dénonce à la milice. Mais ça ne s’est pas passé comme elle l’aurait espéré, il s’est enfui et l’a laissée dans cet état sans ne s’être privé de l’avoir roué de coups. Elle finit par leur dire qu’elle est presque sûre qu’il est retourné dans son ancien repaire dans les Rocterres mais s’arrête net lorsque les héros lui révèlent qu’il a déjà passé l’arme à gauche.
Ne paraissant pas plus affectée qu'après avoir cassé de la vaisselle, elle se dirigea vers le mur du fond et paru abaisser la torche qui s'y trouvait, révélant un pan de mur qui coulissait. Elle arracha à son cou ce qui semblait être une petite clé de bronze et s'en servit pour ouvrir un petit coffre qui se trouvait dans le compartiment secret. "Prenez son contenu en dédommagement pour les méfaits de Rental", dit-elle presque machinalement. Les trois compères se partagèrent des flasques d'eau bénite, une arbalète et une cuirasse de maître et des outils de cambrioleur de qualité supérieure. Fiers de ce paquetolle, ils retournèrent à l'auberge pour se reposer un moment avant de reprendre leurs pérégrinations.